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Quelle différence entre le chômage structurel et le chômage conjoncturel ?

Quelle différence entre le chômage structurel et le chômage conjoncturel ?

On parle de chômage conjoncturel quand le manque d’offre d’emplois est dû à une mauvaise conjoncture économique temporaire, et de chômage structurel quand les causes sont plus profondes, qu’il existe un réel déséquilibre quantitatif et qualitatif entre l’offre et la demande de travail. Un pays qui ne connaît ni chômage conjoncturel, ni chômage structurel est dit en plein-emploi, c’est-à-dire que son taux de chômage est de l’ordre de 3 % à 5 %.

Le chômage conjoncturel : un manque d’emploi dû à un ralentissement temporaire de l’économie

Le chômage conjoncturel s’observe au cours des fluctuations des cycles de l’économie. C’est pourquoi ce manque d’emploi est temporaire et concerne le court ou moyen terme.

Ce type de chômage intervient plus précisément au cours des phases de ralentissement de l’activité économique, des moments où la consommation baisse et la croissance ralentit. Les entreprises s’adaptent donc à cette diminution en produisant moins.

En conséquence, le besoin en main-d’œuvre est moindre, les entreprises recrutent moins (ou pas), voire licencient. De nombreux travailleurs se retrouvent sans emploi et viennent grossir le taux de chômage que l’on caractérise alors de conjoncturel, car il est lié à la diminution de l’activité économique à un moment donné.

Le chômage conjoncturel touche davantage certaines catégories d’actifs comme les jeunes qui entrent sur le marché du travail ou qui occupent des contrats à durée limitée (CDD). Ils sont en effet les premiers à subir le ralentissement des embauches et les licenciements moins coûteux en raison de leur faible ancienneté sur le marché du travail. Les salariés les moins qualifiés sont aussi ceux touchés en priorité par le chômage conjoncturel.

Comment agir contre le chômage conjoncturel ?

Compte tenu des causes du chômage conjoncturel (notamment le ralentissement temporaire de l’activité économique), pour agir sur ce type de chômage, les pouvoirs publics doivent faire en sorte de relancer la consommation, donc enclencher des politiques de soutien de la demande à l’aide d’outils monétaires ou budgétaires.

Des politiques qui ont généralement des répercussions positives sur le chômage conjoncturel dans un délai de 1 à 3 ans. Mais d’autres ralentissements de l’activité économique peuvent s’ajouter au cours de ce délai.

Le chômage structurel : en cause, des modifications profondes du contexte économique et social

Le chômage structurel, lui, trouve ses racines dans des causes beaucoup plus profondes qu’un ralentissement de l’activité économique temporaire.

En effet, le chômage structurel est causé par des mutations importantes de l’économie et de la société telles que, par exemple, des changements démographiques (population en âge de travailler, niveau de qualification des travailleurs, etc.), institutionnels (lois et règlements sur l’indemnisation du chômage, le salaire minimum ou les taux de cotisations, dispositifs fiscaux, etc.), sociaux (comme l’inadaptation des qualifications des salariés), ou encore technologiques (déclin des activités économiques traditionnelles par exemple), qui modifient notamment les modes de production et de consommation.

Ces mutations profondes du système économique et social ont en particulier pour conséquence un déséquilibre entre l’offre de produits ou de services et la demande des consommateurs.

Il n’existe pas vraiment d’outil de mesure du chômage structurel. On parle dans ce cas plutôt d’une estimation du chômage par rapport à ce qui pourrait être son niveau d’équilibre. On considère que le chômage structurel correspond au taux de chômage constaté lorsque le niveau du Produit Intérieur Brut (PIB) a atteint son potentiel, c’est-à-dire une production maximale sans générer d’inflation excessive. Le chômage structurel peut aussi être apparenté à la part du chômage incompressible dans un contexte donné.

L’indicateur pour estimer le niveau du chômage structurel est appelé le « Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment (NAIRU) », soit, en français, le « taux de chômage non accélérateur de l’inflation ».

Les leviers d’action contre le chômage structurel

Le chômage structurel est la conséquence de facteurs très divers et qui concernent des domaines beaucoup plus larges que le marché du travail. C’est pourquoi il est beaucoup plus complexe de résorber ce type de chômage.

S’attaquer au chômage structurel impose en effet de mettre en œuvre des réformes institutionnelles de grande ampleur en lien avec le fonctionnement du marché du travail en particulier. Il peut s’agir par exemple de jouer sur la flexibilité du travail, de faire en sorte que l’offre d’emplois soit en adéquation avec la demande des personnes qui cherchent un travail, de l’adaptation des compétences des salariés par le biais de la formation, initiale ou continue, d’imaginer de nouveaux types de contrats de travail, d’imposer des contraintes financières aux demandeurs d’emploi, d’encourager la mobilité des travailleurs, etc. Ces politiques doivent avoir pour but une croissance économique plus performante, mais elles demandent plusieurs années pour donner des résultats sur le chômage structurel.

 
 

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